Mon chiot mordille : pourquoi et comment l’aider à arrêter ?
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Votre chiot mordille vos mains, vos vêtements, vos pieds… et parfois vous avez l’impression qu’il passe sa journée à chercher quelque chose à mettre dans sa gueule ?
Rassurez-vous : le mordillement est un comportement très fréquent chez le chiot.
Mais fréquent ne veut pas dire qu’il faut tout laisser faire.
Et surtout, un chiot qui mordille n’est pas un chiot « méchant », dominant ou mal éduqué.
Avant de chercher à faire disparaître les mordillements, il est important de comprendre pourquoi votre chiot utilise autant sa bouche et ce qu’il essaie de vous dire.
Pourquoi mon chiot mordille-t-il ?
Le chiot découvre énormément de choses avec sa bouche.
Il explore son environnement, manipule les objets, joue, communique et apprend progressivement à contrôler ses mouvements et la force de sa mâchoire.
Le mordillement peut donc avoir plusieurs fonctions.
1. Le mordillement fait partie du jeu
Chez le chiot, la bouche fait partie intégrante des interactions sociales.
Lorsqu’ils jouent entre eux, les chiots se poursuivent, se saisissent, se mordillent et ajustent progressivement leurs comportements.
Lorsqu’un chiot mord trop fort son partenaire de jeu, celui-ci peut interrompre l'interaction, s’éloigner ou manifester son inconfort. Le chiot apprend alors progressivement à ajuster sa façon de jouer.
C’est notamment ce que l’on appelle communément l’inhibition de la morsure, c’est-à-dire la capacité à contrôler la force utilisée avec sa gueule.
Cela ne signifie pas qu’un chiot doit apprendre à « ne jamais utiliser sa bouche ».
Il doit surtout apprendre comment, quand et avec quelle intensité l’utiliser.
2. Le chiot explore avec sa bouche
Pour un chiot, le monde est une immense source de découvertes.
Il renifle, touche, attrape, transporte, lèche, mâchouille…
Sa bouche est un véritable outil d’exploration.
C’est pourquoi il peut s’intéresser à tout ce qui se trouve à sa portée :
vos chaussures ;
les pieds des meubles ;
les vêtements ;
les jouets des enfants ;
les cartons ;
les plantes ;
les objets laissés au sol.
La mastication et l’exploration orale font partie des comportements normaux du développement du chiot.
Le problème n’est donc pas que votre chiot ait envie de mâcher.
Le véritable enjeu est de l’aider à apprendre ce qu’il peut mâcher et ce qu’il doit laisser tranquille.
3. La dentition peut augmenter le besoin de mâcher
La dentition est également une période pendant laquelle le besoin de mâcher peut être particulièrement présent.
Les dents de lait commencent à tomber autour de 12 semaines et les dents définitives prennent progressivement leur place. La dentition permanente est généralement installée vers l’âge de 6 mois.
Votre chiot peut alors rechercher davantage les activités qui lui permettent de mâcher.
Cela peut expliquer pourquoi certains chiots semblent soudainement avoir envie de mettre absolument tout dans leur gueule.
C’est une bonne raison pour leur proposer des possibilités de mastication adaptées et sécurisées.
Pourquoi mon chiot mordille surtout les mains et les pieds ?
C’est une question que j’entends très souvent.
Et il y a une chose importante à comprendre : vos mains et vos pieds bougent.
Pour un chiot, c’est extrêmement intéressant.
Vous courez ? Il vous poursuit.
Vous retirez votre main ? Il essaie de l’attraper.
Vous agitez les pieds sous une couverture ? Ils deviennent soudainement une formidable cible de jeu.
Et si, en plus, le mordillement déclenche une réaction de votre part, le comportement peut devenir particulièrement intéressant pour lui.
Crier, repousser le chiot, agiter les mains ou courir peut parfois… alimenter encore davantage l’interaction.
C’est pourquoi les jeux de poursuite avec les mains ou les jeux très brusques peuvent favoriser l’apprentissage du mordillement sur les humains.
Faut-il laisser son chiot mordiller ?
C’est là que les choses deviennent intéressantes.
Non, vous n’avez pas besoin de laisser votre chiot mordiller vos mains ou vos vêtements pour qu’il apprenne.
Mais il n’est pas nécessaire non plus de chercher à supprimer toute utilisation de sa bouche.
L’objectif est plutôt de lui apprendre : « Tu peux utiliser ta bouche, mais pas n’importe comment ni sur n’importe quoi. »
Par exemple, votre chiot peut apprendre que :
les jouets peuvent être mordillés ;
certains objets sont destinés à la mastication ;
les mains ne sont pas des jouets ;
les vêtements ne servent pas à jouer à tirer ;
lorsqu’une interaction devient trop intense, le jeu s’arrête.
Cette distinction est beaucoup plus intéressante que de simplement répéter « non » toute la journée.
Que faire lorsque mon chiot me mordille ?
Il n’existe pas une seule réponse valable pour tous les chiots.
Il faut observer dans quel contexte le mordillement apparaît.
Est-ce pendant le jeu ?
Après une promenade ?
Le soir ?
Lorsque votre chiot est très excité ?
Lorsque les enfants courent ?
Lorsque vous essayez de le caresser ?
Lorsqu’il semble fatigué ?
Lorsqu’il recherche votre attention ?
Le contexte donne souvent beaucoup plus d’informations que le mordillement lui-même.
1. Évitez de jouer avec votre chiot directement avec vos mains
Si vous ne souhaitez pas que votre chiot apprenne à attraper vos mains, évitez de les transformer en jouets.
Privilégiez plutôt des objets permettant de créer une distance entre sa gueule et vos mains :
jouets à tirer ;
jouets à rapporter ;
jouets à manipuler ;
jouets alimentaires ;
objets adaptés à la mastication.
Le but n’est pas de repousser systématiquement le chiot, mais de lui proposer une alternative claire.
2. Lorsque les dents touchent la peau, l’interaction peut s’arrêter
Si votre chiot mordille vos mains pendant le jeu, vous pouvez simplement interrompre l’interaction.
Vous pouvez retirer calmement votre attention, vous éloigner quelques instants puis reprendre une interaction lorsqu’il est revenu à un comportement plus calme.
Le message devient alors très simple :
« Lorsque tu utilises tes dents sur moi, le jeu s’arrête. »
Cette cohérence est particulièrement importante lorsque plusieurs personnes vivent avec le chiot.
Si une personne interdit les mordillements tandis qu’une autre joue régulièrement avec ses mains, le chiot reçoit des informations contradictoires.
Et si mon chiot me poursuit pour me mordre ?
C’est une situation très fréquente et souvent épuisante pour les familles.
Vous essayez de vous éloigner…
Votre chiot vous suit.
Vous accélérez…
Il accélère.
Vous retirez vos mains…
Il saute pour les attraper.
Dans cette situation, courir partout ou repousser le chiot avec les mains peut entretenir le comportement.
Essayez plutôt de réduire l’interaction :
arrêtez vos mouvements ;
gardez une attitude calme ;
évitez de transformer la situation en jeu de poursuite ;
si nécessaire, mettez une séparation physique temporaire ;
proposez ensuite une activité adaptée.
Et surtout, demandez-vous :
« Dans quel état était mon chiot juste avant de commencer à me mordiller ? »
Un chiot qui mordille beaucoup est-il forcément trop excité ?
Pas forcément.
C’est une erreur fréquente de penser :
« Il mordille énormément, il faut donc le fatiguer davantage. »
Or, chez certains chiots, augmenter les activités physiques peut produire l’effet inverse.
Un chiot peut mordiller davantage lorsqu’il est :
très excité ;
frustré ;
fatigué ;
en difficulté pour se réguler ;
en recherche d’interaction ;
en manque d’activités adaptées ;
ou simplement dans une phase normale de développement.
C’est pourquoi il est intéressant d’observer l'ensemble de la journée du chiot : sommeil, activités, sorties, interactions, repas, mastication, découvertes et temps de récupération.
Un chiot a besoin d’un équilibre entre activité et repos.
Et si mon chiot mordille davantage le soir ?
Le fameux « quart d’heure de folie » du soir est bien connu de nombreuses familles !
Le chiot court, saute, attrape les vêtements, mordille les mains, aboie parfois…
Et les humains pensent :
« Il faut qu’il se dépense ! »
Pourtant, dans certaines situations, ce comportement peut aussi apparaître chez un chiot qui a besoin de redescendre en excitation et de dormir.
Avant d'ajouter une nouvelle activité, posez-vous donc la question :
A-t-il réellement besoin de se dépenser ou a-t-il besoin de récupérer ?
Cette question change souvent complètement la manière d’accompagner le chiot.
Les enfants et les mordillements du chiot
La cohabitation entre un chiot et des enfants mérite une attention particulière.
Un enfant qui court, crie, agite les mains ou retire rapidement ses jambes peut involontairement transformer le mordillement en jeu de poursuite.
Et contrairement à un adulte, un enfant n’a pas toujours la capacité de gérer correctement la situation.
Il est donc important que les interactions entre un chiot et un jeune enfant soient supervisées par un adulte.
On peut également apprendre à l’enfant à :
ne pas courir lorsqu’il est poursuivi ;
ne pas agiter ses mains devant le chiot ;
ne pas jouer avec les dents du chiot ;
ne pas déranger le chien lorsqu’il mange ou dort ;
demander l’aide d’un adulte lorsque le jeu devient trop intense.
L’objectif est aussi d’apprendre à l’enfant à respecter le chien.
Les erreurs fréquentes face aux mordillements
❌ Punir le chiot
Crier, taper, secouer, maintenir la gueule ou utiliser des méthodes douloureuses n'apprend pas au chiot quelle comportement adopter à la place.
La douleur ou la peur peuvent augmenter l'anxiété, l’excitation ou les réactions défensives.
❌ Répéter « non » toute la journée
Dire « non » ne donne pas au chiot une information suffisamment claire sur ce qu’il peut faire à la place.
Il est beaucoup plus efficace de gérer l’environnement, interrompre l'interaction et proposer une alternative adaptée.
❌ Jouer avec les mains puis interdire les mordillements
Pour le chiot, cela peut être difficile à comprendre.
Si les mains ont régulièrement servi de jouets, il ne va pas spontanément comprendre pourquoi c’est soudainement plus autorisé.
❌ Chercher à fatiguer le chiot à tout prix
Plus d’activité n’est pas toujours la solution.
Un chiot a besoin d’activité, mais également de sommeil, de récupération, de mastication, d’exploration et d’apprentissage du calme.
Comment aider concrètement son chiot au quotidien ?
Plutôt que d’attendre qu’il commence à mordiller pour intervenir, vous pouvez agir en amont.
Gérer son environnement
Un chiot ne devrait pas avoir accès librement à tout ce qui se trouve dans la maison.
Rangez les objets dangereux ou précieux et rendez accessibles des alternatives adaptées.
Proposez différentes activités
Votre chiot a besoin de pouvoir :
explorer ;
renifler ;
mâcher ;
chercher ;
apprendre ;
interagir ;
dormir.
La variété des activités permet de répondre à plusieurs de ses besoins sans chercher systématiquement à le fatiguer physiquement.
Anticipez les moments difficiles
Si vous savez que votre chiot devient particulièrement mordilleur à certains moments, préparez une activité adaptée avant que la situation ne déborde.
Apprenez-lui aussi à ne rien faire
Le calme est une compétence.
Un chiot n’a pas seulement besoin d’activité.
Il doit également apprendre progressivement à se poser, à attendre et à récupérer.
Quand faut-il se faire accompagner ?
Le mordillement est généralement une étape normale chez le chiot.
Mais toutes les situations ne se ressemblent pas.
Il est intéressant de demander conseil à un professionnel compétent si :
les morsures sont très intenses ;
le chiot blesse régulièrement ;
les comportements semblent apparaître dans des situations de peur ou de contrainte ;
le chiot montre des signes importants de malaise ;
les mordillements augmentent brutalement ;
les interactions avec les enfants deviennent difficiles à gérer ;
vous ne comprenez plus ce qui déclenche le comportement ;
ou simplement si vous êtes épuisé et que vous avez besoin d’aide.
Et si le comportement apparaît brutalement ou s'accompagne de signes de douleur, un avis vétérinaire peut également être pertinent.
En résumé : mon chiot mordille, que dois-je retenir ?
Le mordillement fait partie des comportements normaux des chiots.
Ce n’est pas nécessairement le signe d’un problème d’éducation.
Votre chiot utilise sa bouche pour jouer, explorer, communiquer, mastiquer, et pendant la dentition pour se soulager.
Votre rôle n’est donc pas de lui apprendre à ne plus jamais utiliser sa bouche.
Votre rôle est de lui apprendre progressivement :
quoi mordiller, quoi ne pas mordiller, comment jouer avec les humains et comment revenir au calme.
Et surtout, n’oubliez pas qu’un chiot n’apprend pas parce qu’on lui dit « non ».
Il apprend énormément grâce à l’environnement que nous lui offrons, aux expériences que nous lui proposons et à la manière dont nous répondons à ses comportements.
Il a souvent besoin qu’on l’aide à apprendre, comprendre, et choisir autrement.
Vous venez d’accueillir un chiot et vous avez mille questions ?
Les mordillements ne sont qu’une petite partie de ce que vous allez vivre avec votre chiot.
Les premières semaines sont une période incroyablement riche… mais elles peuvent aussi être source de doutes.
Est-ce qu’il dort suffisamment ?
Est-ce que je le promène assez ?
Comment lui apprendre à rester seul ?
Comment lui apprendre le calme ?
Comment gérer les mordillements ?
Comment répondre correctement à ses besoins ?
Comment le socialiser sans le surstimuler ?
Comment poser un cadre sans entrer dans un rapport de force ?
Et surtout :Comment construire une relation solide et équilibrée avec lui ?
C’est pour répondre à toutes ces questions que j’ai créé Bien vivre avec mon chiot.
Une formation pour les familles qui souhaitent comprendre leur chiot, pour mieux le guider, plutôt que simplement chercher à le contrôler.
Vous y découvrirez notamment :
les besoins fondamentaux du chiot ;
le sommeil et la récupération ;
l’alimentation et l’hydratation ;
la sécurité émotionnelle, relationnelle et environnementale ;
l’activité physique et mentale ;
la mastication ;
l’aménagement de l’environnement ;
la socialisation ;
la relation et l’attachement ;
les bases de l’éducation ;
le rappel ;
le calme ;
l’apprentissage de l’attente et du renoncement ;
la solitude ;
la propreté ;
les mordillements ;
et bien d’autres situations du quotidien.
L’objectif n’est pas de vous donner une liste de recettes à appliquer mécaniquement.
Je veux surtout vous donner les clés pour comprendre votre chiot, observer ce qui se passe et savoir comment l’accompagner au quotidien.
Parce qu’un chiot n’arrive pas avec un mode d’emploi.
Mais vous pouvez apprendre à le comprendre.
Découvrez « Bien vivre avec mon chiot »
Pour ne plus vous demander uniquement : « Comment faire pour qu’il arrête ? »
Mais apprendre à vous demander :
« De quoi a-t-il besoin et comment puis-je l’aider ? »



