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Cohabitation enfants et chiens

27 sept. 2024
8 min de lecture

Dernière mise à jour : 19 août




les règles essentielles pour une relation sécurisée et respectueuse


Vivre avec chien et enfant peut être une expérience formidable.

Le chien peut devenir un véritable compagnon de vie, participer au quotidien de la famille et permettre à l’enfant de développer une belle relation avec l’animal.

Mais une relation harmonieuse ne repose pas sur la « gentillesse » du chien ou sur l’apprentissage de quelques ordres.

Elle repose avant tout sur la prévention, la supervision, la compréhension du comportement du chien et le respect des limites de chacun.


Un chien peut être très patient et très proche des enfants… tout en ayant besoin, comme n’importe quel être vivant, de pouvoir dire « stop », « j’ai besoin d’espace » ou « cette situation me met mal à l’aise ».


L’objectif n’est donc pas simplement d’apprendre à l’enfant à « bien se comporter avec le chien ». Il s’agit de construire une relation dans laquelle l’enfant et le chien peuvent tous les deux se sentir en sécurité.




1. La règle essentielle : jamais d’enfant seul avec un chien


Même lorsque le chien et l’enfant se connaissent parfaitement, même lorsque le chien n’a jamais montré la moindre agressivité et même lorsque l’enfant est habitué aux animaux, un jeune enfant ne doit jamais être laissé seul avec un chien.


Quelques secondes peuvent suffire pour qu’une situation change.


La surveillance doit être active : l’adulte doit réellement observer les interactions et être disponible pour intervenir si nécessaire.


Être dans la même pièce tout en regardant son téléphone, en travaillant sur son ordinateur ou en regardant la télévision ne constitue pas une surveillance active.

Et cela concerne tous les chiens, y compris ceux que l’on connaît très bien.



2. Apprendre à lire son chien


La prévention commence par la compréhension du comportement canin.

Un chien ne passe généralement pas directement de « tout va bien » à « je mords ».

Avant d'en arriver là, il peut chercher à communiquer son inconfort de différentes manières : détourner la tête, s’éloigner, se lécher la truffe, bailler, se figer, éviter le regard, avoir le corps tendu, chercher à se cacher…

Ces signaux peuvent être très discrets.


Apprendre à reconnaître les signes de stress et d’inconfort permet d’intervenir avant que la situation ne devienne problématique.


Et surtout, lorsqu’un chien montre qu’il souhaite s’éloigner, il faut respecter son message.

Un chien qui s’éloigne ne doit pas être suivi pour être caressé.

Un chien qui ne souhaite pas de contact ne doit pas être contraint à en avoir.



3. Le chien doit toujours pouvoir s’éloigner


C’est une règle fondamentale.


Un chien doit disposer d’un endroit dans lequel il peut se retirer lorsqu’il souhaite être tranquille : panier, pièce, zone délimitée, tapis…

Cet espace doit être accessible au chien et respecté par toute la famille.

On peut par exemple utiliser une barrière ou délimiter visuellement une zone afin que les jeunes enfants comprennent clairement qu’il s’agit d’un espace où ils ne doivent pas aller.


Le chien ne doit jamais être coincé dans une interaction.


Pouvoir s’éloigner est une véritable stratégie de prévention.

Si un chien ne peut pas partir lorsqu’une situation le dérange, il peut finir par utiliser d’autres moyens pour faire cesser l’interaction.



4. Respecter les moments où le chien a besoin de tranquillité


Certains moments doivent être considérés comme des moments de calme, lorsque :

  • le chien dort ;

  • il mange ;

  • il mâche ou possède une ressource ;

  • il se repose ;

  • il s’est volontairement isolé ;

  • il montre qu’il ne souhaite pas d’interaction.


L’enfant n’a pas besoin d’apprendre à « tester » le chien.

On ne touche pas sa gamelle pour voir ce qu’il va faire. On ne retire pas volontairement son jouet. On ne le réveille pas. On ne va pas dans son panier. On ne le force pas à être caressé.


Respecter ces moments protège l’enfant et permet également au chien de se sentir en sécurité dans sa propre maison.



5. Apprendre à l’enfant à respecter le corps du chien


Un chien n’est pas une peluche.


Même lorsqu’il apprécie les contacts avec les enfants, certaines manipulations peuvent être désagréables ou inquiétantes pour lui.


On apprend donc à l’enfant à ne pas :

  • tirer les oreilles, la queue ou les poils ;

  • toucher les yeux, la bouche et autres parties sensibles ;

  • monter sur le chien ;

  • lui faire des câlins contraints ;

  • lui grimper dessus ;

  • le réveiller brusquement ;

  • mettre son visage près de celui du chien ;

  • le poursuivre lorsqu’il cherche à s’éloigner.


Selon l’âge de l’enfant, on peut progressivement lui apprendre à reconnaître les signes indiquant que le chien n’apprécie pas la situation.



6. Que faire lorsqu’on souhaite caresser un chien ?


Avec un chien que l’on ne connaît pas, on ne va pas directement le toucher.

L’enfant demande d’abord l’autorisation à l’adulte qui accompagne le chien.

Si le contact est possible, on peut inviter le chien à venir.

Et surtout : s’il ne vient pas, on n’insiste pas.

Le chien a le droit de dire non.

Cette règle est particulièrement intéressante à apprendre aux enfants, car elle leur permet de comprendre une notion essentielle : une relation respectueuse fonctionne dans les deux sens.



7. Et si le chien s'approche de l'enfant ?


L’enfant n’a pas besoin de repousser systématiquement le chien.

Il peut simplement rester calme et laisser le chien choisir ce qu’il souhaite faire.

L’adulte peut accompagner la situation et observer le langage corporel du chien.

L’objectif n’est pas d’empêcher toute interaction entre l’enfant et le chien, mais de leur permettre d’apprendre progressivement à communiquer ensemble dans de bonnes conditions.



8. Les activités à privilégier


Les activités partagées peuvent être très intéressantes pour construire une relation positive entre l’enfant et le chien.


On peut privilégier :

  • les jeux de recherche et d’olfaction ;

  • cacher quelques croquettes et laisser le chien les chercher ;

  • les tapis de fouille ;

  • certaines activités de mastication ;

  • les jeux de réflexion adaptés au chien ;

  • les activités où l’enfant peut participer sans manipuler directement le chien.


L’idée est de rechercher des activités qui permettent au chien et à l’enfant de partager quelque chose sans mettre le chien sous pression.



9. Les jeux qui demandent davantage de vigilance


Certains jeux peuvent faire monter rapidement l’excitation du chien ou provoquer des mouvements brusques.


Ce n’est pas forcément le jeu en lui-même qui est « mauvais », mais il nécessite davantage de supervision et doit être adapté au chien et à l’enfant.


C’est notamment le cas :

  • des courses-poursuites ;

  • des jeux très physiques ;

  • des jeux de traction

  • des jeux autour d’un objet ou d’une ressource ;

  • des interactions qui font fortement monter le chien en excitation ;

  • des jeux dans lesquels l’enfant cherche à prendre quelque chose dans la gueule du chien.


Avec un jeune enfant, il est généralement préférable de privilégier des activités dans lesquelles l’enfant et le chien ne sont pas en compétition pour une ressource.



10. Attention aux ressources : nourriture, jouets et objets


Les ressources peuvent être des situations sensibles pour certains chiens.

Un enfant ne doit pas apprendre à « embêter » le chien lorsqu’il mange ou possède quelque chose.


On évite donc :

« Je vais lui retirer sa gamelle pour lui montrer que je suis le chef. »

ou :

« Je vais prendre son jouet pour voir s’il va le défendre. »

Ces pratiques ne permettent pas de construire une relation de confiance.

Au contraire, elles peuvent créer de l’inquiétude autour de la ressource.

Il est beaucoup plus intéressant d’apprendre au chien que l’approche d’un humain peut être associée à quelque chose de positif, par exemple avec une récompense adaptée.



11. Apprendre au chien qu’il peut s’éloigner


Un apprentissage particulièrement intéressant consiste à enseigner au chien qu’il a le droit de quitter une situation.

Si l’enfant vient vers lui et que le chien préfère partir, on ne le rappelle pas systématiquement pour qu’il reste.

On peut au contraire valoriser le fait qu’il choisisse de s’éloigner.

Cela permet au chien d’apprendre qu’il dispose d’une solution lorsque quelque chose le met mal à l’aise.

Un chien qui sait qu’il peut partir n’a pas besoin d’utiliser systématiquement des comportements et une communication plus intenses pour obtenir de la distance.



12. Que faire si le chien grogne ?


On ne punit pas un chien parce qu’il grogne.


Le grognement est un moyen de communication.

Il indique généralement que quelque chose ne convient pas au chien : il peut avoir peur, être mal à l’aise, vouloir conserver une ressource, avoir besoin d’espace ou ressentir une douleur.


Le grognement est donc une information précieuse.


Si votre chien grogne lorsqu’un enfant s’approche, la priorité n’est pas de lui apprendre à se taire.

La priorité est de :

  1. mettre immédiatement de la distance entre l’enfant et le chien ;

  2. sécuriser la situation ;

  3. chercher à comprendre ce qui a déclenché le comportement ;

  4. éviter que la situation se reproduise ;

  5. demander l’aide d’un professionnel compétent peut être nécessaire.


Punir le grognement peut avoir des conséquences contre-productives : le chien peut apprendre que ce signal n’est pas entendu et cesser de l’utiliser, et passer par exemple directement a la morsure.

Le problème n’est donc pas le grognement : c’est ce qui pousse le chien à grogner.



13. Ne pas oublier la santé du chien


Un changement de comportement doit toujours amener à se questionner sur l’état de santé du chien.


Une douleur, un problème sensoriel ou certaines pathologies peuvent modifier la tolérance du chien au contact et aux interactions.


Un chien habituellement patient qui devient soudainement irritable ou évite les manipulations mérite donc un bilan vétérinaire.



14. Les règles à apprendre aux enfants


Les règles doivent évidemment être adaptées à l’âge et aux capacités de compréhension de l’enfant.


On peut notamment lui apprendre :

  • Je laisse le chien tranquille lorsqu’il dort.

  • Je ne touche pas sa gamelle.

  • Je ne prends pas son jouet dans sa gueule.

  • Je ne tire pas ses oreilles, ses poils ou sa queue.

  • Je ne monte pas sur lui.

  • Je ne le poursuis pas lorsqu’il s’éloigne.

  • Je ne le force pas à faire un câlin.

  • Je ne mets pas mon visage près du sien.

  • Je ne touche pas un chien que je ne connais pas sans demander à un adulte.

  • Si le chien s’éloigne, je le laisse tranquille.

  • Si le chien semble inquiet, j’appelle un adulte.


Pour les plus jeunes enfants, ces règles doivent être accompagnées par l’adulte. On ne peut pas demander à un jeune enfant de gérer seul une situation avec un chien.



Une relation réussie repose sur le respect mutuel


Apprendre à vivre avec un chien, ce n’est pas apprendre à l’enfant à « commander » l’animal.

C’est lui apprendre à comprendre qu’un chien est un être vivant qui possède ses propres besoins, ses émotions, ses préférences et ses limites.

De la même manière, apprendre au chien à vivre avec des enfants ne signifie pas lui demander de tout accepter.

L’enfant apprend à respecter le chien.Le chien apprend que l’humain peut être prévisible et sécurisant. Et l’adulte reste responsable de la sécurité de chacun.

C’est cette combinaison qui permet de construire une relation saine et durable.



Quand demander de l’aide ?


Si votre chien semble mal à l’aise avec les enfants, s’il grogne, montre des comportements de menace, protège ses ressources, évite systématiquement les interactions ou si vous ne savez tout simplement pas comment gérer certaines situations, ne restez pas seul avec vos questions.

La priorité est de sécuriser les interactions et d’éviter les situations à risque.

Un professionnel compétent en comportement canin et habitué aux problématiques chien-enfant pourra vous aider à comprendre ce qui se passe et à mettre en place des solutions adaptées, sans intimidation ni punition.

Parce que prévenir les accidents, ce n’est pas attendre qu’un problème apparaisse.

C’est apprendre à comprendre son chien avant qu’il n’ait besoin de crier plus fort.






 
 
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